Rencontre Littéraire « L’invisible au quotidien »

Georges Haldas, de père grec et de mère suisse, vit jusqu’à l’âge de neuf ans en Céphalonie. Puis, installé avec ses parents à Genève, il passe dans cette ville la plus grande partie de sa vie. Il travaille successivement dans une agence de presse, exerce le métier de correcteur, enseignant, vendeur en librairie et journaliste.

Poète, essayiste, traducteur, Georges Haldas est l’auteur d’une œuvre très riche qui comprend quatorze recueils de poèmes (rassemblés en 2000 dans Poésie complète aux éditions L’Âge d’Homme), des traductions, des essais, trente-sept chroniques et les Carnets de l’état de poésie.

Mon ami de longue date, Pierre Smolik, présente son livre « l’invisible au quotidien »

le 14 février 2013.

Haldas

La lecture du dossier  » politique  » de Georges Haldas conservé aux Archives fédérales à Berne, point de départ de cet ouvrage, a fait ressortir par contraste à l’interlocuteur de ces entretiens la vraie présence de l’écrivain. Les rapports des inspecteurs, plus il s’y plongeait, plus vain, inconsistant, lui apparaissait leur contenu. Les raisons de cette surveillance sur plus d’une quarantaine d’années ne transpiraient jamais dans les documents « officiels », qui les avait commandés, qui les supervisait?, et leur utilisation éventuelle restait inconnue.

Seul régnait, reflété dans la première partie de cet ouvrage, état de meurtre, un climat de lourde suspicion à l’endroit de celui qui était considéré comme trop à gauche, donc dangereux, pendant la période de chasse aux sorcières communistes qui avait caractérisé l’après-guerre. Mais comment lui reprocher, sans tomber dans le ridicule, ses déclarations politiques qui encourageaient les hommes à se consacrer à la paix? A travers les propos rapportés par les fonctionnaires scribouillards, apparaissent avant tout les traits d’un personnage enclin à témoigner sa sympathie pour les plus défavorisés. Georges Haldas, en définitive, n’a jamais été un homme d’action mais, tout simplement, « un homme qui écrit », selon l’expression qu’il affectionne.

Quelles actions retenir dès lors contre cet être inoffensif ? Par contrecoup, ce fichage absurde conduisit l’interlocuteur insensiblement à se nourrir d’éléments bien plus essentiels, abordés dans ses conversations avec Haldas. Une eau précieuse irrigua soudain le désert des lignes fixées dans les classeurs fédéraux. Elle portait la voix d’un écrivain habité par la graine qui illumine sa vie quotidienne, cherchant à créer un pont entre le dedans et le dehors des êtres rencontrés en transcrivant le plus fidèlement possible leurs résonances en lui.

Ainsi se précisa peu à peu son cheminement vers l’écriture, depuis ses premiers balbutiements à la sortie du collège jusqu’à ses formes les plus abouties et qui dessinèrent les contours, sujet de la deuxième partie, état de poésie, auquel lui est indissolublement attachée la fraternité obscure des vivants. Une parole démarquée d’une surveillance policière, libre alors de ses mouvements, se développa, toute d’inspiration, de nature à rendre l’homme plus ouvert à son intériorité, à mille lieues du monde matériel qui écrase notre société assoiffée de biens de consommation.

Elle prit son envol dans état de résurrection, troisième et dernière partie, pour devenir nourricière, christique, traduisant les questions fondamentales de la vie, de la mort, etc., et d’où germèrent, bien plus tard, ces entretiens, accompagnés d’extraits de textes souvent inédits, dédiés à tous ceux pour qui l’imprévisible, l’infini, l’invisible gardent un sens. Comme l’écho du miracle que constitue chaque jour pour nous tous le simple fait d’exister, sur cette planète, sans savoir pourquoi.

Auteur : Heartinstars

La Photo avec un grand P s’est introduite dans ma vie en 1974. Le regard: Ceux ou celles qui s’essayent à la Photo tentent de capter l’instant, de sublimer le présent, de capturer la lumière, de raconter l’émotion, de raconter des histoires. Chacun son regard, chacun son style qui évolue de jour en jour. Dans ce blog, je vous laisse entrevoir ce que je vois... Ce que mes yeux captent... Ce blog est, à l'heure actuelle, en cours de construction...

2 commentaires sur “Rencontre Littéraire « L’invisible au quotidien »”

  1. Merci beaucoup, Yves, pour ta notice sur mon ouvrage ! J’espère qu’elle amènera de nouveaux lecteurs à Georges Haldas.

    A demain, Pierre

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