Pikes Peak, c’est quoi?

C’est une course de côte longue de 19,9 km, où il s’agit de négocier 156 virages, souvent bordés de précipices. Le départ est situé à 2865 m d’altitude et l’arrivée à 4301 m, d’où son surnom de «Course vers les nuages». Cette ancienne route empruntée par les chercheurs d’or du Colorado était à l’origine entièrement en terre, ce qui augmentait encore la difficulté, à cause de la poussière soulevée. Depuis, elle a été recouverte d’asphalte, d’abord partiellement puis, aujourd’hui, entièrement

Les chiffres donnent le tournis quand on sait que la course se dispute sur les hauteurs de l’État du Colorado : 145 km/h en moyenne, des pointes à 240 km/h pour 156 virages et 2000 mètres à gravir, de 2800 à 4300 mètres d’altitude. La distance parcourue ? 19 kilomètres, en 8 minutes, 13 secondes et 878 centièmes.

Loeb le cow-boy

À certains endroits l’on peut apercevoir plus de 240km/h sur le compteur, et il n’y a aucunes barrières de protection aux bords de la longue montée…

“Pour monter aussi haut, nous avons préféré envoyer une fusée”: le slogan s’étalait partout lundi matin dans les pages des journaux français, très loin de ce marché US dont Peugeot a longtemps rêvé. Alors que les marchés bruissent de rumeurs de reprise de la marque française par General Motors, Loeb a fait gagner une 208 en Amérique, c’est toujours ça de pris, pour l’honneur.

Le champion alsacien a dompté sa 208 PP comme les cow-boys de Colorado Springs le jour du grand rodéo. Et il a bluffé les Américains, qui le considèrent désormais comme un extra-terrestre: “Nous n’avons jamais vu un pilote de ce calibre ici”, a dit l’un des commentateurs locaux, estomaqué par son chrono record.

Comme pour le saut de Baumgartner et ses 39.000 mètres de chute libre, la mise en scène était signée Red Bull, de bout en bout. C’était deux fois plus long que pour l’Autrichien, huit minutes de montée au lieu de quatre minutes de chute libre. C’était intense et dangereux, comme tous ces sports extrêmes chers à Dietrich Mateschitz, le fondateur de Red Bull. C’était parfait aussi pour les réseaux sociaux, à en juger par la quantité de tweets de fans défilant sur l’écran du site officiel (redbull.tv bien sûr) pendant que Loeb gravissait, en “live” et en “streaming”, dans sa fusée à roulettes, cette Pikes Peak revue et corrigée car asphaltée de bout en bout.

L’exploit sportif est moindre que quand Peugeot a gagné à Pikes Peak, en 1988 et 1989, sur un parcours en terre, avec une 405 T16 rustique pilotée par Ari Vatanen, puis Robby Unser. Mais c’était quand même un joli moment de sport auto, dans une Amérique profonde où l’on adore les pilotes qui ressemblent à des cow-boys. Comme Loeb.

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Sur sa route, Sébastien Loeb croise bon nombre de spectateurs autant que de virages étroits avec presque aucune mesure de sécurité. Avec 875 chevaux sous le capot d’une Peugeot 208, le principal sentiment lorsque l’on regarde cette caméra embarquée est l’instinct de survie dont fait preuve le nonuple champion du monde des rallyes au regard de cette performance, hallucinante de précision et de sang froid. Et pour rappel, le record de la mythique course de Pikes Peak a été pulvérisé. Le précédent était à 9 minutes et 46 secondes…

Article du journal du MATIN

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