Sérénité de l’air, du temps, du ciel.

Le regard vagabonde des vignes toutes proches à l’île de Saint-Pierre, s’attarde sur le massif alpin, puis revient errer à la surface scintillante du lac. Un coup d’œil vers le ciel confirme ce que l’âme a déjà compris: les vents sont favorables, les rayons du soleil caressent doucement la peau, ce lieu est sans doute possible un lieu où il fait bon vivre et se promener mais aussi manger…

L’ange de la fôret

Au milieu des grands arbres qui caressaient les nues,
Je marchais lentement en regardant le ciel,
Quand un ange tout petit que soudain j’aperçus,
Me fit signe simplement d’un mouvement des ailes.

Me faisant signe alors de le rejoindre là haut,
Je regardais les arbres où se posaient les cieux,
Et la seule solution qu’il me vint aussitôt,
Fut de monter dessus pour y grimper au mieux.

Je grimpais fort longtemps et j’en fus fatigué,
Je me sentais fourbu et décidais alors,
Sur la plus haute branche de bien m’y installer
Pour y fermer les yeux et reposer mon corps.

Soudain un petit bruit me sortit du repos,
Je regardais bien sûr d’où provenait ce son,
L’ange était près de moi et caressait ma peau,
Et le bout de son aile me donnait des frissons.

Il me prit par la main et se mit à marcher,
J’avoue que sur les nuages mon pas était prudent,
Je voyais en dessous les arbres de la forêt,
Et je crus voir un homme qui marchait lentement.

Et oui c’était bien moi qui marchais en rêvant,
En regardant les arbres qui caressaient les nues,
Je me vis m’arrêter l’espace d’un instant,
J’avais cru voir un ange, il avait disparu.

Steak Tartare aux trois amis
Steak Tartare aux trois amis

Sur les traces du restaurant des trois amis, vous pourrez déguster le meilleur des Steak Tartare… Avis aux amateurs/trices!

Quel signe mystérieux orne l’enseigne! Il s’agit d’un rébus, qui une fois élucidé, donne « Aux Trois Amis »: O = aux, √9 = 3, A + mi = ami(s), 24494 = 24 avril 1894. Ce jour-là, comme nous le livre la façade, trois camarades d’étude ont inventé ce rébus à base de chiffres et de notes de musiques. En ce qui concerne l’identité de ces trois amis et le nom que portait l’établissement auparavant, il existe diverses versions. L’une des brochures éditée à l’occasion du 100ème anniversaire du restaurant Aux Trois Amis rapporte que le célèbre juge fédéral Virgile Rossel et deux camarades, le Dr. Kaiser de Leuzigen et le Dr. Füeterer de Burgdorf, avec lesquels il avait passé sa maturité, en seraient les auteurs. Les amis se seraient régulièrement donné rendez-vous à Bienne, pour gagner ensuite Gléresse par bateau ou par train à vapeur et monter jusqu’à Cerniaux, afin de se remémorer ensemble le bon temps au Coq d’or, nom que portait l’établissement à cette époque.

Trois amis
Trois amis Schernelz

L’éminent linguiste Emanuel Friedli raconte quant à lui dans un livre paru en 1922 sur le Twann, que l’auberge de Cerniaux s’ appelait « Zum Rebenkranz » („A la couronne de vigne ») et que les amis en question étaient Arnold Rossel de St. Imier, le Dr. Armin Kaiser de Berne et le pharmacien Fueter de Burgdorf. Andres Moser, historien d’art, a quant à lui identifié ces hommes plus précisément pour les mémoriaux de Bienne. Certains amateurs d’histoire régionale, mais aussi Internet, nous livrent également de précieuses informations. De telle sorte que les noms des trois auteurs peuvent enfin être donnés avec certitude: Arnold Rossel, Paul Fueter et Armin Kaiser.

En ce 24 avril 1894, jour où les amis baptisèrent l’établissement de son nom actuel « Aux Trois Amis », Rossel était Professeur de chimie à l’Université de Berne; Fueter était Député du Grand Conseil et pharmacien fraîchement retraité; Kaiser possédait quant à lui une pharmacie à Berne. Ils n’étaient aucunement anciens camarades d’école ou de collèges. Ce qui les liait, c’était leur métier, et en particulier la chimie alimentaire et toxicologique. Ils avaient sans doute d’autres points communs, peut-être appartenaient-ils à la même corporation étudiante (ce qui cadrerait bien avec le rébus), ou encore à la même famille politique. Nous pourrions essayer de remonter la trace encore un peu plus loin! Ce qui est certain, c’est qu’ils étaient tous trois – en dépit des connaissances solides qu’ils avaient forcément sur les conséquences de l’alcool – de grands amateurs de jus de raisin fermenté. Et la raison de leur excursion à Cerniaux en ce mardi 24 avril 1894, se devine aisément grâce aux informations dont nous disposons: ils fêtaient le 50e anniversaire d’Arnold Rossel (né le 23.04.1844)!

Par Margrit Wick-Werder

Publication et photographies du 18.8.2013 By Yves

 

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